lundi 21 avril 2008

De la moralité du bambou sous les cocotiers de koh Phi Phi

(VOICI ENCORE UN BIEN LONG POSTE CHERS BLOGGEURS ET AMIS... AUSSI JE M'EN EXCUSE. A VRAI DIRE? JE VOUS DEMANDE PARDON MOINS POUR SA LONGUEUR QUE POUR CE QUE VOUS ALLEZ Y LIRE. C'EST BIEN SIMPLE, VOUS ALLEZ ME HAÏR...AH! AH!)



il y a quelques jours de cela, regardant le soleil orange plonger dans l'océan Indien (ou mer d'Andaman pour les puristes), alors que je sirotais mon mojito, accrochée au rebord de ma piscine de resort thaïlandais, j'ai longuement médité sur l'incommensurable sacrifice que je faisais à ma carrière pour la cause des enfants pauvres de l'Asie du Sud Est.

dans les commentaires de mon dernier poste, j'ai senti une fébrilité hargneuse de la part de tous ceux qui sèchent leur manteau trempé à l'eau glacée de Paris, mais vraiment, vraimant,oui vraiment, je ne comprends pas...

ETAPE NUMERO 1: ABANDONNER SES AMIS...

D'abord, tout le monde ne mérite pas d'accéder au paradis des îles Thaï. Anne-Charlotte, collègue de sacrifice en sait quelque chose: elle n'a pas pu passer la frontière.
Pourtant nous avions rêvé longuement ce voyage. Les volontaires bambous de Thaïlande avaient tout préparé pour nous, nous n'avions plus qu'à nous laisser porter par la vague du choix du maillot de bain et des bouquins à emmener sur la plage.


Le seul menu tracas que nous avions envisagé était le passage de la frontière, parce que rejoindre la frontière signifiait passer une nuit à Sisophon, braver l'ambiance acide de cette ville connue pour être un haut lieu de criminalité au Cambodge, et repartir le lendemain aux aurores pour passer par Poipet, ville réputée pour ses casinos et ses filles de joie, avant de rejoindre le confort climatisé des bus à deux étages de la Thaïlande.
Nous pressentions pas une demi seconde qu'Anne-Charlotte deviendrait l'actrice du pire cauchemare de tout vacancier passant une frontière: se retrouver bloquée au poste des douaniers, côté Poipet, qui en soi, est un véritable un cauchemare...

La frontière entre la Thailande et le Cambodge, c'est assez marrant. D'un côté c'est moche, il n'y a rien, les routes sont défonsées, sales, pleines de graviers qui font éclater les pare-brises, et à part deux trois vendeuses de mangues il n'y a pas grand chose à béqueter, de l'autre côté, c'est tout simplement Disneyland: des massifs de fleurs, des kisoques à poulet frit, des buvettes colorées, des télés, des banques et des bus fluos pour rejoindre Bangkok...
Anne charlotte sera resté du côté des vendeuses de mangues et des routes défonsées...

Nous avons ainsi retrouvé, un peu par hasard, d'autres bambous cambodgiens attirés par le faste des resorts thaïlandais: Anne Gersande (sa mère et son frère,mais ça je présume que vous vous en battez l'oeil), ainsi que Xavier, qui allaient aussi sur leurs îles respectives, et qui prouvaient par là que pour les bambous du Cambodge, la case vacances passe nécessairement par un changement de pays.
mais sur la frontière, en regardant le papier bleu que leur présentait Anne Charlotte en guise de visa de volontaire dans une ONG, le taciturne douanier khmer, s'est réveillé de sa léthargie et a levé sur elle des yeux où le dollar luisait jusqu'au fond de sa prunelle: à raison de 5 dollars par jours à payer depuis l'expiration de son visa tourisme, pour rentrer sur le sol béni de sa mission, la pauvre Anne Charlotte découvrait qu'elle devait débourser 650 dollars... et elle était priée de les remttre en cash. et "Okoun bong srey" ("merci jeune fille")!!
Ses vacances s'arrêtaient là. Il n'y avait rien à faire. hormis peut-être pleurer à l'ambassage de France ou au ministère de l'éducation qui lui avait délivré ce papier bleu, en expliquant qu'on ne lui avait pas bien fait comprendre qu'elle aurait du retraverser la frontière bien avant, pour obtenir la conversion de ce papier en visa ONG...
vous ne comprenez plus rien? pas de panique: les arcanes du service des Visas sont impénétrables, même vu d'ici.et pour la suite, j'avoue que ça n'a pas d'importance...

bref soyons ingrats jusqu'au bout et laissons donc la pauvre anne charlotte remonter dans un Camry, avec la boule au ventre, et quitter la magnifique cité de poipet, ses casinos, ses putes et les centaines de paires d'yeux braquées sur les bananaes et sacs à appareil photos des touristes, pour regagner la non moins bucolique ville de Sisophon.
En mission le bambou est un saint, mais en vacance il perd toute moralité.
Anne Charlotte me glisse un regard courageusement souriant en me disant:
"tu veux ma lessive? parce que je crois que je n'en aurai finalement pas besoin"
être bambou vacancière c'est vraiment le grand écart: d'un côté mon coeur avait envie de répondre: "mais non Anne Charlotte, je vais rester à Poipet et nous laverons ensemble nos vêtements noirs de poussière"
et de l'autre je pensais:
"bah oui, tiens, pourquoi pas? de la lessive, c'est peut être une bonne idée pour rincer mon maillot après la plage..."
rapidement l'option numéro 2 l'emportait et la vacancière écrasait la bambou. En fait je nous soupçonne d'avoir tous passé la frontière en priant très égoïstement pour que personne ne nous empêche de passer en terre sainte...
"Qu'ils les retiennent tous pourvu que MOI j'accède à mon île mordorée!!!"

Oui je sais, c'est infâme, mais avant que vous ne lanciez un haro sur l'infâme Héloise sans compassion, je tiens à préciser qu'Anne Charlotte a quand même passé de très bonnes vacances, au Cambodge, et que je ne me lâcherais pas autant si je n'en avais pas les preuves.

ETAPE 2: FAIRE DES INFIDELITES A SES AMIS

bref. quelques heures plus tard, nous étions à Bangkok.
Moi j'allais retrouver la maison des bambous thai, seule, pendant que les autres allaient attraper leurs bus en directions de leurs îles respectives.
ma nouvelle équipe d'appelle:
clémence, florie, romain, christophe et damien.
ils sont tous ultra motivés, ultra contents et ultra sympa. mais aussi, coordinateurs de programme, ou de projets en thailande ou au laos, animateurs chez les karens, ou responsable des projets EDM en asie de leur états. bref, on est là et on est à bloc.

ETAPE NUMERO 3: QUITTER LA REALITE POUR VIVRE DANS UNE CARTE POSTALE

Une nuit de bus, deux sandwichs infames et deux heures de bateau sous un soleil brulant plus tard, nous débarquions à koh Phi Phi.

comme c'était la fête des eaux et le nouvel an Thaï, pendant toout le trajet jusqu'à l'hotel à travers le village, nous avons été copieusement arrosés d'eau glacée et de talc par les habitants et les touristes armés de pistolets à eau, ou plus simplement de bac à glace.





mais qu'à cela ne tienne, pourvu qu'on puisse aller jusqu'à la piscine, moi, je ne me plains pas...

voici donc Koh phi Phi, sa forme en "haltère", en "H" ou en "X" selon la poésie des différents guides touristiques qui se sont penché sur le sort de cette île...



voici l'eau... non pas la piscine! là il y a des poissons: c'est bien la mer!!!










et bien sûr, la vue de mon bungalow, le matin au réveil...




ETAPE NUMERO 4:LUXE CALME ET VOLUPTE
















voici en bref mon emploi du temps... si si j'insiste, vous devez le connaître:

premier jour:
kayac, palme et tuba, gomage au sable fin, sur le bord de Monkey beach, ou effectivement on sympathise vite avec nos cousins à poils bruns et cul rose, piscine pour me desaler, et cocktail pour me desaltérer, face au coucher de soleil...


















deuxième jour
bateau pour aller sur l'incourtournable Bambou Islande (lieu clef de ce pelerinage),


petite ballade, collecte de sable et coquillage, palme et tuba, passage chez mes copains les poissons pour taper la bise et saluer Nemo, piscine pour me desaler, et cocktail pour me desaltérer, face au coucher de soleil...




troisième jour:
excursion de l'autre coté de l'île à pieds (la jungle en tongs, et paréo, c'est vraiment le top),palmes tubas, grosse frayeur quand la barrière de corail s'arrête subitement pour plonger à pic dans un océan sans fond, retour en bateau avec des thaï prépubères (ou alors, juste "asiatiques"),hystériques et qui nous prennent 15 fois en photos... piscine pour me désaler, et cocktail pour me desaltérer, face au coucher de soleil...



voilà. bref mais intense. je vous laisse imaginer...

ETAPE NUMERO 5: ENCORE PLUS DE FUTILITE

Il fallait ensuite retourner dans la capitale de la consommation, halte obligatoire avant le retour au pays:
Bangkok et ses publicités, Bangkok, sous des pluies torrentielles, Bangkok et sa signalétique urbaine improbable... bref, Bangkok dans toute sa splendeur.



alors que tous les bambous thaï poursuivaient leur périple ou partaient en mission, moi je errais à nouveau dans le New York asiatique, toujours aussi emballée par cette ville, de jour comme de nuit, faisais des mondanités chez Damien dans son appartement aquarium au 16ème étage d'un building immense avec vue imprenable sur la grande ville.














Je retrouvais Anne-Gersande, sa passion pour les blagues, puis Marion une connaissance de Battambang,



Nous nous organisions une soirée Cinéma dans le mythique Siam Parangon, où avec nos tongues et nos pantalons de pêcheurs, nous avions vraiment l'air de clochardes... tout ça pour regarder un dessin animé passionant: Horton,l'Eléphant qui voulait sauver des acariens...



ETAPE NUMERO 6: RETOUR AUX SOURCES. LE VRAI BONHEUR EST DU COTE DE POIPET...

Voilà.
Malgré tout, il me tardait de retrouver la poussière, les routes défonsées, les bus non climatisés qui sentent le vomi fermenté (ah, non, pardon, c'est le durian, mais décidément ça a la même odeur),les motodop qui veulent m'épouser, ce sentiment confus de liberté qui naît des situations impossibles qu'on vit avec les khmers, et surtout les petits étudiants dont il me tardait de connaître le récit de leurs vacances.
Je suis arrivée hier à midi et me revoici requinquée!

Maintenant fini le sable fin et immaculé: je rêve de rizières, de bidonvilles et de gamins qui courent tout nus dans les rues de Phnom Penh. J'ai retrouvé le chemin de la buvette à Tokaloc avec Eva, organisé mon prochain passage à la banque, fixé mon prochain RDV à Anakut Laor, ma prochaine visite à Kampong Koh, échangé des SMS trop mimis avec mon chouchou, le père Ivan (il veut que je me repose encore avant qu'on se fasse une Quinoa party), prévu de rester quelques jours pour former les nouveaux venus de DYCFE à être une équipe de winner, balancé une vintgtaine de vannes à Laurent Boton, mon responsable MEP de Wat Champa qui part décidément tout le temps en vacances, et recommencé à répondre aux coup de fil de 7H12 du matin de mes responsables locaux khmers(depuis que je lui ai montré ce que signifiait être responsable de programme, soit le Loak tah ne peut plus se passer de moi soit il me redoute pire que la peste car il m'appelle tout le temps pour me demander comment je vais et quand je reviens...)

bref, je suis de retour, je pète le feu, et le temps est trop court!

10 commentaires:

taklith a dit…

hum...ouais.
il ne me plaît pas moi ce récit.
connaîs ton public hélo : une bande de parisiens frustrés de tant aimer leur confort et qui se régalent de te lire pour à la fois dire qu'ils ont une amie bamboue (donc c'est comme si nous on l'était qq part) et en même temps se dires "ha, non mais regarde la galère, c'est pour ça q je pars pas moi, sinon j'y serais déjà, non mais là...".
bref, quand tu nous montre des photos trop belles, une description du voyage parfait, le tonus qui t'habite et ta joie de vivre, ça ne nous plaît pas du tout!
tu es sensée en baver et aller moins bien que nous, alors je te prie de bien vouloir ne pas outrepasser ton rôle.
sinon, une question : "nos cousins poilus au cul rose"???? c'est comme ça que tu appelles les thailandais ou tu parles des babouins?

heureuse de voir que tu as tant la forme ptite louloute.

je t'embrasse

moumoune a dit…

Il me semble qu'il y a très longtemps dans une autre vie un certain .. incertain ....t'avait vanté les charmes de Koh Phi Phi.
Depuis il y eu un tsunami et le Bambou a grandi

Tita a dit…

Koh Phi phi!!! Je kiffe!!!
Quand je vois tes photos j'ai l'impression de me retrouver il y a un an qd j'étais en Asie, merci bambou pour ce plongeon spatio-temporel!! :)
Et bon retour à ta mission!! ;)
Je t'embrasse

Léa a dit…

Non mais il faut toujours écrire en premier ici pour faire les meilleurs vannes. Tu m'as trop donné envie, je regarde mes billets avec une larme au coin de l'oeil....Je suis contente de voir que ces vacances t'ont fait un bien fou et que tu es à nouveau d'attaque pour la suite. Je ne sais pas comment fait le père Yvan pour avoir survécu sans toi aussi longtemps. Mais j'y pense ça fait maintenant plus de six mois que tu es là, est ce que tu as fêté ça dignement avec ta nouvelle bande d'amis ? En as tu laissé à la porte du bar ?

Des bisous le bambou.

Léa

Ka a dit…

ah de dieu ca c'est du post! je lis direct la dernière ligne, je vois que tu pètes le feu, alors sans rire, je m'accorde de revenir très vite me consacrer à la lecture de tes tribulations. elles ont l'air trop cool! (je sais c'est pas pareil que de dire j'ai lu, mais taklith a raison, les parisiens sont ds nazes paresseux à 2h du mat)
plein de bisoux bambou

Ka a dit…

quelqu'un a déjà fait la blague des cocotiers de Ko Fi Dis, ou de la moralité des assurances?
bon je sais quand on a pas lu on doit se taire....

taklith a dit…

"Ka" pour mon bien être peux-tu s'il te plaît arrêter ton usurpation d'identité et rappeler assez régulièrement que tu es Marika!!!!
bon sinon non personne n'a fait la blague des cocotiers!
allez un nveau poste hélo pour renouveler nos blagues on sèche là...

bisettes

taklith a dit…

on s'ennuie sur ce blog....

moumoune a dit…

C'est la gréve générale ou quoi ??
pour la fête du travail, le Bambou écrivain se laisse aller

moumoune a dit…
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